Le Cabaret Confluences #3 présente Amineh Sharifi avec un extrait de J’ai perdu ma langue, pièce bilingue français-persan explorant l’identité et la langue. Suivi du trio mêlant poésie et musique composé de Claudia Chan Tak, Géraldine Leong Sang et Nay Theam. Sasha Ashwini, danseuse Bharatanatyam, propose une exploration de l’identité et des questions décoloniales. LiKouri, chanteuse née au Canada, dont la mère est d’origine indienne adoptée par une famille libanaise, partagera ses créations musicales.
Enfin, Dona-Bella Kassab, maître de cérémonie et artiste multidisciplinaire engagée, clôturera la soirée.
Ouverture des portes à 19h. Spectacle à 20h.
Dans cet extrait de la pièce J’ai perdu ma langue, une petite fille née dans une famille métissée ne parle pas la langue de sa mère. Plus petite, on lui chantait une berceuse dans cette langue. C’est le souvenir de cette mélodie réconfortante qui ouvre la porte du monde des rêves pour la fillette curieuse lorsqu’elle attend l’arrivée de sa mamie venant du loin.
Se passant durant les dernières journées d’hiver et s’approchant de Norouz, l’équinoxe de printemps fêté comme nouvel an par les Iraniens, la pièce offre une rencontre entre deux cultures pour les spectateur·ices et pour cette petite fille de l’histoire.
Alors que tout semble brûler, comment penser ce qui brille au loin? Pour panser les blessures, il faut d’abord les exposer.
Poésie, danse et musique s’entremêlent dans un voyage à travers univers de mots et de corps. Nay Theam, accompagnée par Claudia Chan Tak et Géraldine Leong Sang, s’interroge sur les mémoires défaillances, les souvenirs trahisons et les voix murmures.
Un solo de danse multimédia explorant le corps colonisé dans le contexte de la migration, retraçant la lignée maternelle d’Ashwini depuis le sud de l’Inde jusqu’aux plantations de caoutchouc en Malaisie. En créant une distorsion dans les flux du temps pour révéler le mythe du divin féminin océanique, Ashwini active sa mémoire générationnelle et se demande ce qui se passe lorsque l’on traverse des eaux profondes?
Ziya est un spectacle qui navigue entre le récit de conte, la musique de chambre et la chanson française. Il vous transportera au bord du Saint-Laurent, entre les tapis de nos grands-mères et les parfums de l’enfance. Destiné aux âmes rêveuses, il invite à l’émerveillement et à la contemplation.
LiKouri, accompagnée de cinq talentueux musiciens et musiciennes, tisse un univers où les mélodies et les mots se mêlent pour raconter une histoire empreinte de poésie et d’espoir. Ensemble, ils vous emmènent dans un voyage sensoriel et intime, où la musique devient un pont entre passé et présent.
Cette performance est une suite d’action qui porte un filon narratif conceptuel autour de l’orientalisme et de l’hypersexualité. Inspiré du livre de l’auteur palestinien Edward Saïd «l’Orientalisme».
Avertissement : Il y aura un acte de masturbation. L’artiste criera à un moment durant le spectacle.
Amineh Sharifi est une artiste d’origine iranienne, doubleuse (en persan), autrice et metteure en scène. C’est par le doublage qu’elle entre en art : après des études en génie informatique, elle découvre sa voix à Téhéran et se forme à l’Association des jeunes artistes de doublage, où elle commence à prêter sa voix à des personnages et à des récits.
Arrivée au Canada en 2010, elle poursuit l’écriture et l’interprétation radiophonique en persan, créant pendant cinq ans un personnage fictif dont les chroniques quotidiennes sont diffusées en Iran. Elle réalise aussi des lectures performatives en persan et complète des études en pédagogie, ce qui l’amène à travailler en milieu scolaire montréalais.
Depuis 2022, Amineh s’investit davantage dans le milieu théâtral francophone. Intéressée par la poésie, la langue et les formes sensibles, elle adopte le théâtre d’ombre, le mouvement et l’objet comme vocabulaire de création. Sa démarche se construit à travers la collaboration et la rencontre avec le public, impliqué tôt dans le processus. Son récent spectacle en création, J’ai perdu ma langue, a été soutenu par les Conseils des arts du Canada, du Québec et de Montréal.
Claudia Chan Tak est une artiste pluridisciplinaire québécoise d’origine malgache-chinoise, formée en arts visuels (Concordia, Baccalauréat avec distinction 2009) et en danse contemporaine (UQAM, Baccalauréat 2012 & Maîtrise 2017). Son parcours artistique et militant est profondément ancré dans la valorisation des communautés asiatiques, qu’elle défend à travers ses projets.
Elle est reconnue pour son travail de chorégraphe, d’interprète, de comédienne, de conceptrice de costumes et de vidéaste. Pour souligner la qualité de son travail artistique, elle reçoit en 2025 la toute première Bourse Kesar, après avoir été lauréate du Prix Mécènes investis pour les arts en 2018 et du Prix William Douglas en 2015. En plus de participer à des jurys artistiques et à l’organisation de nombreux événements dont les célèbres Open Mic Asiatiques, elle fait partie pendant deux ans de la Coalition asiatique pour une relève émancipatrice (La CARÉ), un regroupement qui a été récipiendaire du Prix Coup de cœur de la diversité Paul-Gérin Lajoie 2020-2021. En 2022, elle reçoit le prestigieux Prix Envol remis par les Prix de la danse et le Conseil des arts de Montréal pour souligner sa pratique artistique, communautaire et commissariale qui valorise la diversité culturelle et les pratiques inclusives
Dona-Bella Kassab évolue sur les scènes underground et au cœur des communautés marginalisées, où iel déploie une pratique artistique à la fois audacieuse et profondément vulnérable. Artiste de la scène autodidacte, iel se forme en dramaturgie, interprétation, danse, art-performance et art multimédia, accumulant un savoir expérimental qui traverse ses multiples créations solo, dont Le Cycle (Post-Furies 2025), Anartiste (Fringe Montréal 2025), Songe d’un Jour d’Hiver (Festival Entractes 2024). Ses créations mettent le spectateur·rice au pied du mur, confronté à ses propres émotions et à la lucidité des systèmes qui nous traversent.
De plus, certaines collaborations marqueront sa pratique: Action Ouverte, Post-Furies, Jamais Lu, Entractes, Théâtre de l’Affamée, Nicolas Cantin, Montréal Arts Interculturels, Chanel Cheiban, Compagnie de danse Tout Feu Tout Femme.
Enfant de réfugiés, et non-binaire au genre fluide, Doni porte dans son corps et son imaginaire les cicatrices de l’exil, de la guerre et des systèmes oppressifs occidentaux. De ces expériences naît sa méthode artistique : le Confrontational Shame Healing, où la honte devient matière première, et la Fabulation futuriste, où l’écriture et la dramaturgie projettent vers des futurs alternatifs et utopiques. Chaque œuvre est une tentative de partager ce que la vie et ses sensibilités lui ont appris. C’est une expérience régénératrice, une transfiguration de l’inconfort, un lieu de rencontre entre l’intime et le collectif, où la vulnérabilité devient puissance, et où l’art agit comme levier de conscience et de résistance.
Géraldine Leong Sang découvre la danse à l’âge de sept ans et choisit d’en faire sa voie lorsqu’elle rencontre la danse contemporaine au sein de la compagnie RARY, où elle évolue comme danseuse-interprète, enseignante et responsable administrative, à Madagascar. En 2011, elle fonde la compagnie JINY, puis lance l’année suivante la plateforme multidisciplinaire Perf’impro.
Elle s’installe au Québec en 2020. L’année suivante, une bourse de résidence en milieu scolaire du Conseil des Arts de Longueuil lui permet de créer son solo Ma. Un extrait est présenté au Festival Quartiers Danses en 2022, puis l’œuvre est finalisée en juillet 2023 lors d’une résidence au Salon 58 à Marsoui, organisée par Mandoline Hybride. Ma est ensuite présenté à Saint-Lambert dans le cadre du projet Présences Inouïes initié par Dena Davida.
Elle collabore également avec Jasmine Dubé, de la compagnie de théâtre Les Bouches Décousues, pour une lecture scénique de Marguerite en 2021 puis en 2023.
Depuis 2023, elle contribue à divers projets artistiques de Claudia Chan Tak, occupant tour à tour les rôles d’œil extérieur, d’interprète, de répétitrice ou d’assistante chorégraphe.
Et elle participe régulièrement aux Open Mic Asiatique, où elle improvise avec des artistes participants.
LiKouri est une autrice-compositrice et interprète montréalaise, ayant passé son enfance au sein de divers milieux artistiques, elle développe dès son plus jeune âge une passion pour la création et la réalisation de projets multidisciplinaires. Elle grandit à Montréal où elle y découvre sa passion pour les arts de la scène. LiKouri déménage sur la Côte-Nord, là où elle apprend l’accordéon de manière autodidacte et où elle compose ses premières chansons.
C’est au cours de l’année 2021 que naît son projet homonyme. Depuis, l’ensemble a enregistré deux albums, le premier intitulé AZA et ZIYA paru en août 2024. C’est accompagnée de cinq talentueux·ses musiciens·nes que LiKouri s’est produite un peu partout au Québec. Ce mini orchestre est constitué de Isabelle Gaudreau à la clarinette, Enzo Lors Mariano au bandolim, Laetita Francoz Lévesque au violon, Zachary Bernatchez au violoncelle et de Emilou Jonhson à la contrebasse.
Gagnante de la cohorte MUZ 2024 chez Vision Diversité elle se promène de plus bel sur le territoire québécois pour y présenter son spectacle.À travers ses compositions étonnamment simples, elle crée un mélange qui évoque une autre époque. LiKouri est une artiste audacieuse qui cherche à évoluer musicalement en dehors des sentiers battus tout en restant accessible à son public contemporain et en mélangeant les saveurs traditionnelles.
Nay Theam écrit de la poésie depuis plus de dix ans et la partage parfois. D’origine cambodgienne, née à Québec (la ville!), elle baragouine encore un peu le khmer, mais elle parle surtout en français. Elle enseigne la littérature au cégep dans une démarche qu’elle pense décoloniale. Formée en littérature, elle entame des études doctorales sur la relation au territoire nordique dans les littératures innue, atikamekw et de l’Asie du Sud-Est. Ses pratiques artistiques s’inscrivent dans une écriture du souvenir. La poésie l’intimide moins qu’avant, et elle aime raconter son histoire familiale par bribes. Ses textes ont été publiés dans la revue Littoral (2024 et 2025) et d’autres paraîtront dans l’Estuaire (2026).
Elle performe régulièrement lors des micros ouverts asiatiques organisés par Claudia Chan Tak et Rich Ly et elle a coorganisé, en 2025, avec ces derniers une édition spéciale au Collège de Maisonneuve. Elle a été une artiste invitée lors de l’open mic asiatique du Centre du théâtre d’aujourd’hui, en 2024.
Elle dirige le projet Lire, voir et écouter l’Asie qui cherche à valoriser les perspectives asiatiques dans les milieux d’enseignement, et ce, par différentes activités de diffusion. Elle a récemment organisé (Re)lire le Cambodge, un parcours littéraire portant sur quelques récits d’auteur·trices cambodgien·nes écrits en français.
Son travail s’inscrit dans une volonté de faire entendre des voix minorisées. Parce que, exister, c’est essentiel.
Sasha Ashwini est une artiste de danse contemporaine spécialisée en bharatanatyam. Son parcours diversifié, en tant qu’Indienne-Singapourienne de quatrième génération et Canadienne de première/deuxième génération, a profondément influencé sa recherche créative sur la migration, ses tensions et ses transformations. Les œuvres collaboratives et solos d’Ashwini ont été présentées par des organismes de renom, notamment Tangente, le Dancing on the Edge Festival, CanAsian Dance et le Dance Centre, entre autres.
Elle reste disciple de la célèbre danseuse de bharatanatyam Rama Vaidyanathan, dont l’art est largement reconnu pour sa profondeur spirituelle et sa capacité à relier tradition et expérience transcendante. Cette attention portée à la résonance spirituelle et à la quête de vérité intérieure influence profondément la pratique d’Ashwini, qui cherche à transmettre cette dimension sacrée dans ses performances, créant un dialogue entre tradition, identité et transformation personnelle.
Actuellement en développement, son solo CROSSING DEEP WATERS explore le terrain complexe de l’identité, façonné par ce qui est perdu, porté ou transformé à travers les géographies et les générations. En avril 2025, Ashwini a été honorée par DanceHouse et la Hawthorne Foundation, recevant la deuxième place du Louise Bentall Award for Emerging Choreographers.
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